Citroën : L’Histoire d’une Légende Automobile Française qui a Révolutionné la Route

Quand on parle de l’âme automobile française, un nom résonne avec une force particulière : Citroën. Fondée il y a plus d’un siècle par un visionnaire aux idées bien arrêtées, cette marque au double chevron n’est pas qu’un simple constructeur. C’est un symbole d’audace, d’innovation et d’un certain art de vivre à la française qui a marqué des générations entières. De la Traction Avant à la DS, de la 2CV à la C4 Cactus, Citroën a toujours eu ce don unique de bousculer les codes, parfois au risque de décontenancer, mais toujours avec cette conviction que l’automobile peut être différente, plus humaine, plus confortable, plus audacieuse.
André Citroën : Le Père d’une Révolution sur Roues
Un entrepreneur né
L’histoire de Citroën commence avec un homme exceptionnel : André Citroën, né en 1878 dans une famille juive d’origine polonaise. Dès son plus jeune âge, il démontre un talent certain pour les mathématiques et les mécaniques. Après des études prestigieuses au Collège Louis-le-Grand et à l’École Polytechnique, il débute dans l’industrie en travaillant chez Mors, un constructeur automobile de l’époque.
Mais le véritable tournant survient lorsqu’il découvre, lors d’un voyage en Pologne, un procédé de fabrication d’engrenages en chevron. Il achète le brevet et fonde sa première entreprise en 1913 : les Ateliers André Citroën, spécialisés dans la production d’engrenages. C’est là que naît le célèbre logo aux double chevron, directement inspiré de cette technologie d’engrenage.
La Première Guerre Mondiale : Un détour stratégique
La guerre de 14-18 bouleverse ses projets. André Citroën se tourne vers la production de munitions, construisant une immense usine sur le quai de Javel à Paris (dans le 15e arrondissement). À la fin du conflit, il se retrouve avec une usine gigantesque et une idée en tête : transformer cette capacité industrielle en production automobile de masse. Il s’inspire ouvertement de Henry Ford et de sa méthode de production à la chaîne, alors révolutionnaire aux États-Unis.
En 1919, il lance sa première voiture : la Type A 10 HP. C’est une petite voiture légère, dotée d’un moteur de 1,3 litre développant 18 chevaux, d’un allumage électrique (une rareté à l’époque) et d’un démarreur électrique. Vendue à un prix abordable (7 250 francs, soit environ 13 000 euros actuels), elle connaît un succès immédiat. André Citroën a compris avant tout le monde que l’automobile ne doit pas être un luxe réservé aux riches, mais un moyen de transport accessible au plus grand nombre.
Les Années Folles et l’Âge d’Or : Quand Citroën Invente l’Automobile Moderne
La Traction Avant : Une Révolution Technique
Si la Type A a posé les bases, c’est en 1934 que Citroën écrit une page majeure de l’histoire automobile avec le lancement de la Traction Avant. Cette voiture est une véritable révolution technique qui fait passer la marque du statut de constructeur innovant à celui de pionnier de l’industrie.
La Traction Avant présente des caractéristiques qui semblent aujourd’hui évidentes, mais qui étaient totalement novatrices à l’époque :
- Traction avant : pour la première fois sur une voiture de grande série, le moteur entraîne les roues avant. Cela libère de l’espace à l’intérieur, améliore la tenue de route et réduit le poids.
- Carrosserie monocoque : la structure porteuse est intégrée à la carrosserie, ce qui offre une rigidité supérieure et une meilleure protection en cas d’accident.
- Suspensions à roues indépendantes : chaque roue peut absorber les imperfections de la route indépendamment des autres, améliorant considérablement le confort.
- Freins hydrauliques : un système de freinage plus puissant et plus fiable que les freins à câble traditionnels.
- Moteur à soupapes en tête : plus performant et plus économique.
Le développement de la Traction Avant a été un pari risqué. André Citroën a investi massivement, peut-être trop, dans ce projet. La mise au point a été difficile, avec des problèmes de fiabilité initiaux qui ont failli couler la marque. En 1934, au moment du lancement, Citroën est en difficulté financière. André Citroën doit céder le contrôle de son entreprise à son principal créancier, le groupe Michelin. Il décède l’année suivante, en 1935, à l’âge de 57 ans, ruiné et malade.
Pourtant, la Traction Avant survivra et deviendra un succès phénoménal. Produite jusqu’en 1957, elle s’impose comme la voiture emblématique des années 1930-1950, utilisée par la police, les taxis, les gangsters (comme dans les films noirs français), et adoptée par toutes les couches de la société. On estime sa production totale à environ 760 000 exemplaires, un chiffre impressionnant pour l’époque.
La 2CV : La Voiture du Peuple Français
Pendant que la Traction Avant séduit la bourgeoisie et les professions libérales, Citroën travaille en secret sur un projet totalement différent : une voiture ultra-économique capable de transporter un paysan et son panier d’œufs à travers un champ labouré sans casser une seule coquille. C’est la genèse de la 2CV (Deux Chevaux).
Le cahier des charges est légendaire : pouvoir transporter quatre personnes et 50 kg de pommes de terre à 50 km/h, consommer moins de 3 litres aux 100 km, être facilement réparable par le propriétaire lui-même, et coûter moins qu’une mobylette. Le prototype est présenté au Salon de l’Automobile de Paris en 1948, où il provoque un mélange de moqueries et d’admiration. Son apparence rustique, sa capote en toile, ses ailes détachables, tout dans cette voiture surprend.
Pourtant, la 2CV deviendra un phénomène de société. Produite jusqu’en 1990 (avec une interruption pendant la guerre d’Algérie), elle symbolise la France des trente glorieuses, la ruralité, la simplicité volontaire, mais aussi la liberté. Des générations de Français ont appris à conduire sur une 2CV, des étudiants l’ont utilisée pour traverser l’Europe, des agriculteurs l’ont chargée jusqu’à la gueule. Sa production totale dépasse les 5 millions d’exemplaires, incluant les dérivées (Dyane, Méhari, Ami 6/8, etc.).
Ce qui fait le génie de la 2CV, c’est sa suspension à liaison hydraulique (système à deux cylindres de suspension interconnectés) qui offre un confort de roulement inégalé, même sur les pires chemins. C’est aussi sa simplicité mécanique : le moteur boxer bicylindre refroidi par air est d’une robustesse légendaire, et presque toutes les pièces peuvent être démontées avec quelques clés de mécanique de base.
La DS : Le Rêve Incarné
En 1955, au Salon de l’Automobile de Paris, Citroën réalise un coup de théâtre qui reste dans les annales. La présentation de la DS 19 (prononcée “Déesse” en français) provoque une véritable émeute. 12 000 commandes sont passées en une seule journée, un record absolu qui ne sera jamais battu.
La DS est une voiture d’une modernité stupéfiante. Son design futuriste, signé Flaminio Bertoni, avec sa carrosserie profilée, ses ailes enveloppantes et son pavillon flottant, semble tout droit sorti d’un film de science-fiction. Mais ce n’est pas qu’une question d’esthétique :
- Suspension hydropneumatique : le système le plus célèbre de Citroën. Des sphères remplies d’azote et d’huile hydraulique remplacent les ressorts traditionnels. Le résultat est un confort de roulement absolu, une tenue de route constante quelle que soit la charge, et la capacité de régler la hauteur de caisse (y compris rouler sur trois roues en cas de crevaison !).
- Direction assistée, freins à disque (en avant-première mondiale sur une voiture de série), boîte de vitesses semi-automatique, essieu arrière autodirectionnel.
- Intérieur révolutionnaire : volant à une seule branche, tableau de bord minimaliste, sièges en forme de coquille.
La DS devient rapidement la voiture des présidents (de Gaulle en possède plusieurs, et c’est une DS qui lui sauve la vie lors de l’attentat du Petit-Clamart en 1962 grâce à sa suspension souple), des intellectuels, des artistes et de la haute bourgeoisie. Elle incarne le “savoir-vivre à la française”, l’élégance sans ostentation, le progrès technique au service du confort.
Produite jusqu’en 1975 sous diverses versions (DS, ID, Break, Cabriolet usine par Chapron), elle reste aujourd’hui considérée comme l’une des plus belles voitures jamais conçues. Le designer italien Giorgetto Giugiaro la cite comme son inspiration majeure, et elle est régulièrement élue “plus belle voiture de tous les temps” dans les classements internationaux.
Les Années 1970-1980 : Crise et Recherche d’Identité
La Peugeot SA et la naissance du Groupe PSA
Après la mort d’André Citroën, la marque a connu des hauts et des bas sous la houlette de Michelin. Les années 1960 voient des succès commerciaux (Ami 6, Dyane, Méhari, GS) mais aussi des difficultés financières. En 1974, face à la crise pétrolière et à la concurrence internationale, Citroën est au bord de la faillite.
C’est Peugeot qui vient à la rescousse. Le constructeur sochalien, plus conservateur et mieux géré financièrement, rachète Citroën et crée le Groupe PSA Peugeot Citroën. Cette union est un mariage de raison : Peugeot apporte sa rigueur financière et ses moteurs robustes, Citroën apporte son image innovante et sa clientèle fidèle.
Cependant, cette fusion pose un problème d’identité. Peugeot veut rationaliser les coûts, ce qui signifie partager les plateformes et les moteurs entre les deux marques. Citroën perd progressivement une partie de son indépendance technique. Les modèles des années 1980 (Visa, LNA, BX, CX) sont des voitures correctes, certaines très réussies (la BX avec sa suspension hydropneumatique simplifiée, la CX héritière de la DS), mais on sent que l’âme originelle de Citroën s’est un peu émoussée.
La XM et la Tentative de Résurrection
En 1989, Citroën tente de retrouver son prestige avec la XM, grande berline qui succède à la CX. Dessinée par Bertone, elle est techniquement aboutie avec une suspension hydropneumatique évoluée (Hydractive), un design original et un intérieur spacieux. Élue “Voiture de l’Année 1990”, elle est saluée par la presse mais connaît un succès commercial mitigé. Le marché des grandes berlines est en déclin, et l’image de marque de Citroën peine à rivaliser avec les allemandes (Mercedes, BMW, Audi).
Les années 1990 sont difficiles. Le groupe PSA manque de moyens pour investir massivement, et Citroën se contente de produire des voitures “sages” : ZX, Xantia (qui conserve l’Hydractive), Saxo, Xsara. Ce sont des véhicules fiables et bien conçus, mais qui manquent de l’audace qui caractérisait la marque.
La Renaissance : L’Ère Citröen Moderne
Le Design comme Arme de Différenciation
Le tournant des années 2000 marque un changement de cap stratégique. Citroën décide de capitaliser sur son image de marque “différente” en misant sur le design. En 1999, le concept-car C3 Lumière et surtout la C3 pluriel (2003) montrent une volonté de surprendre. Mais c’est en 2006 avec la C4 Cactus que la marque trouve sa nouvelle identité.
La C4 Cactus est un crossover compact au design radical : protections latérales en plastique (les “Airbump”), formes géométriques, intérieur épuré. C’est une voiture qui assume son originalité et qui s’adresse à une clientèle jeune, urbaine, recherchant la différenciation. Le succès est au rendez-vous, prouvant que l’audace paie.
Cette stratégie “Different Spirit” (Esprit Différent) se poursuit avec des modèles comme la C4 Picasso (monospace à l’aérodynamique soignée), la DS3 (premium compact qui donnera naissance à la marque DS), et la Cactus M (concept de buggy moderne). Citroën redevient une marque qui fait parler d’elle, pour le meilleur et parfois pour le pire.
Le Retour du Confort : La Suspension Progressive Hydraulique
Dans les années 2010, Citroën opère un autre virage stratégique majeur. Conscient que le confort est son ADN historique, la marque développe une nouvelle technologie : la Suspension Progressive Hydraulique (ou Advanced Comfort). Disponible sur les modèles haut de gamme (C5 Aircross, C4, etc.), elle combine des amortisseurs hydrauliques supplémentaires aux amortisseurs classiques pour filtrer les imperfections de la route avec une efficacité redoutable.
C’est un retour aux sources intelligent : au lieu de la complexité onéreuse de l’hydropneumatique intégrale, Citroën propose une solution plus simple, moins chère, mais qui offre 80% du confort de l’ancienne suspension. Associée à des sièges “Advanced Comfort” avec mousse à mémoire de forme et structure matelassée, elle crée une expérience de conduite unique sur le marché.
La Gamme Actuelle : Entre Pragmatisme et Audace
Aujourd’hui, la gamme Citroën s’articule autour de plusieurs piliers :
- Les SUV : C3 Aircross, C4 Cactus (restylé), C5 Aircross. Ce sont les modèles les plus vendus, répondant à la demande du marché actuel. Le C5 Aircross, avec ses sièges individuels arrière et sa suspension Progressive Hydraulique, incarne le confort Citroën moderne.
- Les compactes : C3 (citadine polyvalente), C4 (compacte au design de crossover). La nouvelle C4, lancée en 2020, surprend avec son aspect de SUV compact surélevé, rompant avec les berlines traditionnelles.
- Les utilitaires : Berlingo (le ludospace de référence), Jumpy/Jumper (véhicules utilitaires). Le Berlingo, avec ses portes arrière à hayon vitré et son espace modulable, est un succès incontestable auprès des familles nombreuses.
- L’électrique : ë-C4, ë-Berlingo, AMI (quadricycle électrique). Citroën s’engage résolument dans la transition énergétique avec des véhicules 100% électriques.
L’AMI : La Réinvention de la Mobilité Urbaine
En 2020, Citroën surprend une fois de plus avec l’AMI, un quadricycle électrique sans permis (ou avec permis AM selon les versions). Ce petit véhicule de 2,41 mètres de long, au design symétrique (les portes avant et arrière sont identiques mais inversées, ce qui réduit les coûts de production), est destiné à la mobilité urbaine.
Vendu à un prix très agressif (à partir de 6 000 euros avec bonus écologique), l’AMI peut se conduire dès 14 ans en France (avec le permis AM). Il est disponible en location longue durée, en libre-service (via l’application Free2Move du groupe), ou à l’achat. C’est une réponse pragatique aux problèmes de circulation et de stationnement en ville, dans l’esprit de la 2CV : simple, économique, utile.
Citroën dans le Sport Automobile : Une Histoire de Passions
Les Rallyes : L’Âge d’Or des Chevrons
Citroën a une histoire riche et glorieuse dans le sport automobile, particulièrement en rallye. Après des débuts timides dans les années 1960, c’est dans les années 1980-1990 que la marque écrit ses plus belles pages.
La CX participe au Paris-Dakar avec des succès notables. Mais c’est surtout avec la ZX Rallye-Raid que Citroën domine le rallye-raid, remportant quatre fois le Paris-Dakar (1991, 1994, 1995, 1996) avec des pilotes comme Ari Vatanen et Pierre Lartigue.
En rallye sur terre et asphalte, la Xsara Kit Car et surtout la Xsara WRC marquent les esprits. Avec Sébastien Loeb et Daniel Elena, Citroën entre dans la légende du Championnat du Monde des Rallyes (WRC). De 2003 à 2012, Loeb remporte neuf titres consécutifs de champion du monde avec Citroën, un record absolu et probablement jamais égalé. La C4 WRC puis la DS3 WRC poursuivent cette domination, faisant de Citroën le constructeur le plus titré de l’histoire du WRC.
Cette époque est celle d’une alchimie parfaite entre un pilote d’exception, un copilote précis, et une équipe technique dirigée par Olivier Quesnel puis Yves Matton. Les victoires s’accumulent sur tous les terrains : asphalte de Monte-Carlo, terre du Mexique, neige de Suède, gravier de Finlande.
Le WTCC et la Diversification
Citroën tente également sa chance en circuit avec le World Touring Car Championship (WTCC). En 2014-2016, la C-Elysée WTCC domine le championnat avec José María López sacré champion trois fois consécutives. Cependant, l’engagement est coûteux et la visibilité moindre que en rallye. Citroën se retire du WTCC en 2016 pour se concentrer sur le WRC.
Le Dakar et les Nouveaux Défis
Après son retrait du WRC en 2019, Citroën explore d’autres disciplines. Le Dakar reste un terrain de prédilection, avec des participations sporadiques. La marque s’intéresse également aux compétitions électriques et aux nouvelles formes de mobilité.
L’Engagement en Sport Automobile Français
Citroën a toujours entretenu des liens étroits avec le sport automobile français. Le Trophée Andros (course sur glace) a vu de nombreuses victoires de Citroën. Les Coupes de France des Circuits et les championnats de France de rallye ont régulièrement accueilli des voitures de la marque.
Pour les passionnés français, Citroën représente une fierté nationale. Voir une DS3 WRC de Loeb voler de virage en virage dans les spéciales du Monte-Carlo ou du Tour de Corse éveille des émotions fortes. C’est le symbole d’une France qui gagne, technique et audacieuse.
Citroën Aujourd’hui : Entre Héritage et Avenir
L’Intégration dans Stellantis
En 2021, le groupe PSA fusionne avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA) pour former Stellantis, le quatrième constructeur automobile mondial. Citroën devient l’une des 14 marques du groupe, aux côtés de Peugeot, DS, Opel, Jeep, Alfa Romeo, Maserati, etc.
Cette nouvelle structure offre des opportunités (partage des plateformes, économies d’échelle, accès à de nouveaux marchés) mais pose aussi des défis. Comment préserver l’identité unique de Citroën dans un groupe aussi vaste et diversifié ? La direction de la marque, avec Vincent Cobée puis Thierry Koskas, martèle que la différenciation par le design et le confort reste la priorité absolue.
La Stratégie Électrique
Citroën s’engage résolument dans la transition énergétique. D’ici 2025, l’ensemble de la gamme européenne devrait être proposé avec une motorisation électrique. L’objectif est d’atteindre 100% de véhicules électriques en Europe d’ici 2030 (conformément aux réglementations européennes).
Les modèles électriques actuels (ë-C4, ë-Berlingo, AMI) ne sont que le début. Stellantis a développé des plateformes dédiées (STLA Medium, STLA Small) qui serviront de base aux futures Citroën électriques. On attend notamment un SUV compact électrique, une berline familiale, et probablement des déclinaisons surprenantes dans l’esprit de l’AMI.
Le Design de Demain
Le concept-car Citroën 19_19, présenté en 2019, offre un aperçu de la vision de la marque pour l’avenir. Ce véhicule autonome, électrique, avec une suspension hydropneumatique réinventée et un intérieur lounge, montre que Citroën n’a pas renoncé à ses rêves de confort extrême et de design audacieux.
Le concept OLI (2022) explore une autre voie : la voiture légère, durable, réparable et abordable. Avec sa carrosserie en carton recyclé (oui, vous avez bien lu), ses panneaux plats interchangeables, et son approche “anti-gaspi”, il interroge l’avenir de la mobilité. C’est un retour à l’esprit de la 2CV : l’utile, le simple, le durable.
Les Défis à Venir
Citroën fait face à plusieurs défis majeurs :
- La concurrence chinoise : les constructeurs chinois (BYD, MG, Nio, etc.) inondent le marché européen de véhicules électriques abordables et technologiquement avancés. Citroën doit rester compétitive sur les prix sans sacrifier la qualité.
- L’image de marque : dans un monde où le premium et le SUV dominent, Citroën doit continuer à affirmer son positionnement “accessible mais différent”. La marque DS, devenue indépendante, occupe le créneau haut de gamme, laissant à Citroën le champ de l’innovation démocratique.
- La transition écologique : produire des voitures électriques est une chose, mais il faut aussi penser à l’ensemble du cycle de vie (production des batteries, recyclage, empreinte carbone de la fabrication). Citroën travaille sur des batteries plus durables et des processus de production décarbonés.
L’Héritage Citroën : Pourquoi cette Marque Compte Encore
Un Patrimoine Industriel Exceptionnel
Citroën possède un patrimoine industriel et culturel unique en France. L’usine de Javel, les usines d’Aulnay-sous-Bois, de Rennes, de Vigo (Espagne), de Mangualde (Portugal), sont autant de lieux qui ont façonné des vies et des territoires. Le Conservatoire Citroën à Aulnay conserve plus de 300 véhicules historiques, des prototypes et des documents, témoignant de cette riche histoire.
Les collectionneurs du monde entier s’arrachent les DS, les Traction, les 2CV, les SM (ce coupé GT dessiné par Robert Opron, avec moteur Maserati et suspension hydropneumatique), les CX, les GS Birotor (modèle rare à moteur Wankel). Les clubs Citroën comptent des dizaines de milliers de membres, organisant des rassemblements spectaculaires (comme le meeting national des 2CV à Salbris).
Une Marque qui Parle au Cœur
Ce qui distingue Citroën des autres marques, c’est la passion qu’elle suscite. Posséder une Citroën, ce n’est pas simplement avoir un moyen de transport, c’est adhérer à une philosophie. C’est choisir le confort avant la performance pure, l’originalité avant la conformité, la pragmatique avant le bling-bling.
Les publicités Citroën ont toujours cultivé cette différence. De “La DS, c’est le rêve” à “Créative Technologie”, en passant par “Different Spirit”, la marque a construit un discours cohérent. Même ses détracteurs reconnaissent que Citroën a du caractère, ce qui est rare dans l’industrie automobile où l’homogénéité règne souvent.
Citroën et la France
Citroën est indissociable de l’image de la France à l’étranger. Dans les films, les DS et les 2CV incarnent la France romantique, stylée, légèrement décalée. Dans la littérature, elles sont le symbole de la modernité triomphante (comme dans les romans de Frédéric Beigbeder ou les films de Jean-Luc Godard).
Pour un blog consacré au sport et à la culture française, Citroën est un sujet incontournable. C’est une marque qui a porté haut les couleurs de la France dans le monde entier, qui a innové quand d’autres copiaient, qui a osé quand d’autres reculaient. De la Traction Avant à l’AMI, de la DS aux victoires de Loeb, Citroën est une histoire de courage, de créativité et d’attachement à un certain idéal du progrès accessible.
Conclusion
Citroën n’est pas une marque comme les autres. C’est une aventure humaine commencée il y a plus de 100 ans par un homme qui croyait que l’industrie pouvait changer le monde. C’est une succession d’innovations qui ont fait date dans l’histoire de l’automobile. C’est une communauté de passionnés qui refuse de voir la voiture comme un simple objet de consommation.
Aujourd’hui, alors que l’industrie automobile traverse une révolution sans précédent (électrification, autonomie, nouvelles mobilités), Citroën a l’opportunité de réinventer une fois de plus son modèle. Avec son héritage de confort, son audace design, et sa capacité à penser l’automobile autrement, la marque aux chevrons est bien armée pour écrire les prochains chapitres de son histoire.
Que vous soyez un amateur de sport automobile nostalgique des heures de gloire de Loeb, un collectionneur passionné par la mécanique hydropneumatique, ou simplement un conducteur à la recherche d’une voiture confortable et originale, Citroën a quelque chose à vous offrir. Et c’est précisément ça, cette capacité à parler à tout le monde sans ressembler à personne, qui fait la magie de cette marque légendaire.
Vous avez des souvenirs avec une Citroën ? Un modèle préféré ? Une anecdote de rallye à partager ? Laissez-nous vos commentaires ci-dessous et racontez-nous votre histoire avec la marque aux chevrons !
